Gregory Béron, un hockeyeur qui vise le toit de la Magnus et celui de vos maisons !

23 janvier 2016
gregor

A l’occasion de la visite des Gamyos d’Epinal, à la demande de plusieurs supporters , nous reproduisons l’interview réalisée en début de saison, avec le Gothique qui connaît le mieux cette formation vosgienne: Grégory Béron.

Depuis début août 2015, Grégory Béron , un pur produit de la filière formation du hockey amiénoise a regagné le bercail, en paraphant, quasiment, le jour de son 26ème anniversaire (il est né le 31 juillet ),un nouveau contrat, avec le HCAS.
Nous vous proposons de revivre avec lui l’itinéraire d’un enfant gâté du hockey, qui s’est installé durablement dans le peloton des meilleurs français.

Quand et où as-tu commencé à jouer au hockey ?

« Je suis né près du Coliséum et je pratique ce sport depuis l’an 2000, j’ai intégré l’effectif pro, à l’âge de 17 ans et j’ y suis resté pendant 6 ans, avant de partir, il y a 2 saisons, à Morzine, puis à Epinal, la saison dernière ! Et aujourd’hui, je réintègre l’effectif professionnel des gothiques d’Amiens ! »

Net et précis, mais un peu bref, par chance, nous avons nos sources qui nous ont détaillé les débuts du jeune Greg dans les sports de glace.
« Mon fils a découvert le hockey, en même temps que moi » explique Papa Béron, « Un de mes collègues de travail de l’époque qui suivait régulièrement les hockeyeurs amiénois, nous a invité à un match. Comme nous adorions ce sport et l’ambiance qui régnait dans les tribunes et sur la glace, nous avons suivi toute la fin de la saison, (Greg devait avoir 9 ans). L’année suivante, cet ami, m’a proposé d’inscrire mes 2 garçons à l’école de glace, j’ai accepté, 3 autres copains de mes fils les ont suivi dans cette aventure. Au bout de quelques semaines, les éducateurs et les entraîneurs du club on décidé d’intégrer Greg et ses potes dans une équipe» .Au final, 4 membres de ce groupe joueront jusqu’en juniors, seul Greg, continuera un parcours qui n’est pas encore achevé ! »

Qu’est-ce qui a motivé ton départ d’Amiens, une nouvelle carrière, le besoin de voir autre chose ?

« Un peu des deux !Au bout de 6 années, j’avais le sentiment d’avoir fait un peu le tour, de ne plus trop avancer, voire de stagner, ce que j’avais d’ailleurs évoqué avec Heikki Leime. Partir constituait un vrai défi, que j’ai relevé. Avec l’aide de l’agent Jonathan Zwickel, j’ai fais mes valises sportives pour Morzine ; ce fut un excellent choix, car, dans ce club, j’ai réalisé une super bonne année.
A la fin de cette saison réussie, je suis entré en contacts avec Anthony Maurice et le président d l’ICE Epinal, le projet sportif dans ce club des Vosges était alléchant et j’allais évoluer avec plusieurs excellents hockeyeurs français et étrangers ; des avantages qui se sont vérifiés jusqu’à la finale du dernier championnat de France !»

Dans ces deux clubs, tu as été, à chaque fois le « bourreau » des Gothiques , lors des rencontres avec ton club formateur!

« On peut effectivement dire cela, mais c’est le sport,. J’ai fait mon métier comme je l’ai toujours fait, et, comme je continuerai à le faire sous lemaillot gothique. A chaque fois que l’on monte sur la glace, en match comme aux entraînements ; on se doit de toujours donner le meilleur,»

Un mot aux supporters amiénois qui t’ont « chambré » lors de tes passages au Coliséum, avec un autre maillot,

« Les sifflets, c’est du passé. Le fait que j’évolue dans les équipes qui ont sorti, 2 fois de suite, leur équipe des play-offs, et que je participe activement à cette sortie prématurée, ne pouvait pas faire plaisir aux supporters des Gothiques. Je n’en veux à personne. Je dirais simplement que dans les bons, comme dans les mauvais moments, il faut qu’ils soient toujours présents.. Un public de folie nous pousse. Je suis revenu au Coliséum avec l’envie de faire à nouveau lever ce public pour les emmener, avec mes partenaires, le plus loin possible dans la compétition ! »

Tu es annoncé comme un renfort défensif, alors que tu viens de réaliser 2 superbes saisons à la pointe de l’attaque de Morzine et d’Epinal. Quel est ton poste de prédilection ?

« Au début de ma carrière, j’ai plutôt évolué à l’attaque, ce n’est que pendant les regroupements, dans les catégories jeunes de l’équipe de France, que l’on m’a positionné en défense. J’ai ensuite intégré l’effectif en qualité d’attaquant, mais je pouvais « dépanner » à l’arrière, sur des rencontres de Ligue Magnus. Revenir en défense ne me pose pas de problème, j’ai tenu les 2 postes, si cela profite, à l’équipe ; et si je peux, tout en jouant à l’arrière, apporter mes qualités d’attaquant, ce sera parfait !j’ai signé en qualité d’arrière, mais aussi pour apporter un plus défensivement, comme offensivement!»

La saison dernière, à Epinal, , après un début un peu compliqué, où tu disais connaître quelques difficultés tu as réussi une superbe fin de saison !

Effectivement, au départ, tout n’a pas toujours été facile pour moi. Mais les matchs se sont enchaînés, et, comme j’avais beaucoup de temps de jeu, j’ai fini par entrer dans le super bon rythme du groupe. J’ai progressivement pris conscience, qu’avec notre effectif, nous avions les moyens de faire quelque chose de bien. A partir de là, tout est devenu plus facile pour l’équipe, comme pour moi, face à Rouen et à d’autres formations ! »

On ne peut pas parler d’Epinal, sans évoquer les difficultés administratives et financières rencontrées par ton ancienne équipe !

« J’ai été vraiment perturbé et désolé pour ce qui leur tombait sur la tête. Nul ne pouvait envisager une telle catastrophe, après la belle saison que nous venions de réaliser ! Mais au fond de moi, j’étais persuadé qu’ils allaient s’en tirer. Ils l’ont fait, c’est tant mieux et je crois qu’ils peuvent encore réaliser de belles choses, cette saison. C’est ce que je leur souhaite du fond du cœur ! »

Est-ce pour toi une progression de revenir chez les gothiques

« J’avais toujours en tête de porter, à nouveau, le maillot gothique ! Quand je s suis entré en contacts avec Barry Smith, Olivier Duclos et Thomas Henno; les discutions ont été assez rapides. Je le répète, mais c’est vraiment une fierté pour moi de revenir au Coliséum. J’ai été super bien accueilli, par les jeunes comme par les anciens, c’est très agréable d’arriver dans ces conditions
Je suis parti avec l’ambition de m’améliorer et j’ai effectivement beaucoup progressé mentalement et sur plein de détails importants. Je reviens, avec un statut de meneur, pour apporter une partie de mon expérience, à mes jeunes équipiers, ce qui représente encore un bon challenge pour moi. Même si je n’ai que 26 ans, je fais partie des « plus vieux » de l’effectif amiénois. Je crois que j’ai énormément changé par rapport à la période où j’étais à Amiens, je suis très heureux de revenir, et j’ai vraiment envie de montrer de quoi, je suis capable !
Mon nouveau statut n’est pas arrivé tout cuit ; Pour y parvenir, il m’a fallu des années de travail, on ne devient pas professionnel, du jour au lendemain, en claquant des doigts. Pour réussir dans le hockey, il faut vraiment travailler dur, je suis fier d‘être arrivé à ce stade. Mais être payé pour faire ce que l’on aime c’est vraiment le pied !
Aujourd’hui, j’espère que tout le monde a à cœur de porter ce maillot, je n’oublie pas que depuis plus de 10 ans, le club et moi-même, avons été privés de trophées, j’ai vraiment en tête d’aller en chercher un , afin de le partager avec tout le peuple amiénois du hockey. Comptez sur nous, nous allons tout donner pour ramener une Coupe ou une finale quelque part ! »

Tu as découvert ton nouvel entraîneur Barry Smith, un coach U.S ; Pas trop dépaysé ?

« Pas du tout, Barry est un très bon coach, il sait de quoi il parle, il prodigue plein de conseils aux jeunes, comme aux joueurs chevronnés ; j’avais déjà abordé le sujet avec Olivier Duclos. Comme ses confrères nord-américains, il aime la vitesse et le jeu. Il peut compter sur moi, à chaque match, je vais mettre tout ça en évidence, pour essayer de ne pas le décevoir»

Comment te vois-tu dans quelques années. As-tu déjà pensé à préparer ton après hockey ?

« Pour le moment, je me focalise entièrement sur cette saison de hockey, mais je pense à cet après hockey, j’étudie sérieusement la possibilité de monter mon entreprise de couverture – zinguerie, un métier que j’ai déjà exercé. Je travaille petit à petit sur ce projet que j’espère voir aboutir lorsque j’aurais raccroché mes patins de compétition ! »

On peut donc dire que tu es prêt à grimper sur le toit de la Ligue Magnus et sur celle de nos maisons !

« Exactement !! »

Pour terminer, retrouvons le traditionnel questionnaire de Marcel Proust

Quelle est la qualité que tu préfères chez un homme ?« La sympathie, la franchise, l’honnêteté, j’aime quand les personnes disent franchement ce qu’elles pensent de moi, plutôt que dans mon dos » chez une femme ? : « mêmes choses, auxquelles j’ajoute la fidélité ! » ta qualité principale ? « en dehors de la glace ;la gentillesse, je peux aller voir une personne qui n’est pas bien et l’aider, dans la mesure de mes possibilités, à reprendre le dessus » Quelle est ton idée du malheur ? « la perte d’un proche qui est pour moi ,un moment difficile , à vivre, un choc émotionnel dont on doit difficilement se remettre ! » Couleur favorite : « le noir et le rouge ! », la fleur ? « la rose », l’oiseau ? « la colombe »Le métier que tu ne voudrais jamais faire ? « Aucun, toutes les professions possèdent leurs mérites, y compris celui de nettoyer les caniveaux, je sui un eu touche à tout, je m’intéresse à tout ! » le pays réel ou imaginaire dans lequel tu voudrais vivre : « dans une île déserte, sur la planète » L’homme ou la femme célèbre que tu voudrais voir figurer sur un billet de 500 euros ? : « Eva Longoria ! » Boisson et plats favoris ? : « les pâtes à la carbonara et le Coca ! »Quel pouvoir extraordinaire souhaiterais –tu posséder : « Celui de pouvoir rendre heureuses toutes les personnes malheureuses et ainsi redresser la France ! » La faute qui t’inspire le plus d’indulgence ; « une trahison reconnue par son auteur, lorsqu’une personne qui t’a critiqué dans le dos, revient vers toi et s’excuse de s’être trompée . Comment souhaites- tu mourir le plus tard possible, évidemment ! :« Mourir sur mon lieu de travail, je ne rêve pas de la mort mais je n’en ai pas peur ». Que voudrais-tu que Dieu te dise en t’accueillant au paradis ? « Ta vie ne doit pas s’arrêter là, nous sommes juste dans un autre monde, ici, tu vas rencontrer d’autres personnes, celles que tu as perdu auparavant, ce sera comme une résurrection. Je serais donc très heureux d’être au paradis ! »

Jicehel

Photo Marie Brunel