L’histoire des Gothiques : Episode IX

14 janvier 2015
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EPISODE 9 … ET FIN….

On ne fut donc pas surpris d’apprendre au cours de l’été que Heikki Leime décida de continuer l’aventure picarde pendant les deux prochaines années en obtenant la possibilité d’avoir cette fois à ses côtés l’appui d’un entraîneur-adjoint, son compatriote Santeri Immonen, qui s’était imposé comme un des meilleurs défenseurs de la Ligue Magnus avec Morzine-Avoriaz. L’ancien entraîneur des Tricolores déclara à ce sujet : « Dans d’autres clubs français, comme Rouen, Grenoble ou Dijon, il y a déjà des entraîneurs-adjoints. Je tiens à féliciter le président Thomas Henno d’avoir accepté cette révolution culturelle car c’est le seul dans l‘histoire du club d’Amiens à avoir officialisé ce poste. »

Les conditions financières, cependant, ne permettaient guère de rêver. Amiens traînait toujours sa dette comme un boulet et n’avait été accepté en Ligue Magnus qu’avec un contrat d’objectifs qui l’obligeait à la ramener à zéro à la fin de la saison. Le niveau de la dette résiduelle (un peu plus de 20 000 euros) rendrait la chose aisée… si le club n’avait pas perdu au même moment une subvention de 50 000 euros du Conseil Régional. Le contexte était donc tendu, et le HCAS devait chercher des solutions pour sortir un bénéfice avoisinant les 80 000 euros en un an.

Premier poste supprimé, celui de manager général. Depuis son remplacement comme entraîneur par Heikki Leime au mois de novembre 2011, Antoine Richer avait retrouvé son ancienne fonction, mais elle était de plus en plus vide de sens. Heikki Leime ayant obtenu des prérogatives dans le recrutement, que restait-il à Antoine Richer ? Des tâches administratives dans lesquelles il n’avait guère de valeur ajoutée. Le cas était sensible, très sensible. Il ne s’agit pas du premier venu, il s’agissait de l’ancien capitaine de l’équipe de France, de l’homme qui avait incarné le hockey amiénois pendant quatre décennies, qui avait tout connu avec ce club.

De plus, Antoine Richer disposait d’un contrat à durée indéterminée, assez peu en adéquation avec une direction sportive où la lassitude peut vite gagner et amener à un point de non-retour. Le club a donc cherché une solution en lui proposant un poste de responsable du hockey mineur et d’entraîneur de l’équipe U15. Mais l’ancien manager vécut cette porte de sortie comme une dégradation et se mit en arrêt maladie. Les négociations pour une rupture à l’amiable n’ayant pas abouti, le HCAS procéda finalement au licenciement économique d’Antoine Richer. Une fin abrupte à une carrière de joueur remarquable, et à une carrière d’entraîneur plus controversée malgré un titre de champion dans chacune des deux fonctions (1999 sur la glace, 2004 sur le banc). Bien sûr, le risque était qu’Antoine Richer – qui avait autrefois subi et vertement critiqué le recours de Denis Pérez aux prud’hommes, choisisse la même voie et obtienne gain de cause. Mais dans tous les cas, la procédure ne s’achèverait pas cette saison et n’empêcherait pas le club de tenir coûte que coûte son objectif financier.

Au mois de septembre 2012, Heikki Leime repartit donc avec son adjoint à la tête d’un groupe jeune en ayant carte blanche pour construire l’avenir des Gothiques. Le coach finlandais renouvela la moitié de son effectif ne conservant des grosses recrues de l’année précédente que la révélation slovène, le redoutable attaquant Lukas Basic. Comblant le départ soudain du gardien Billy Thompson et la retraite programmée de l’attaquant Anthony Mortas par la signature du goal finlandais Juho Santanen et du canadien Martin Gascon, ex-dijonnais et meilleur marqueur de la Ligue Magnus. A leurs côtés, de jeunes joueurs tels que les canadiens David Bastien (Lyon) et Julien Corriveau, devraient faire leurs preuves. En effet, voilà plusieurs années que les Gothiques ne glanaient plus rien. Hekki Leime allait-il faire mieux que ses prédécesseurs ?

Classé en sixième position, soit deux places de mieux, à l’issue de la saison régulière (Martin Gascon deuxième marqueur de la ligue), le club d’Amiens fut toutefois à nouveau éliminé dès les quarts de finale cette fois par Strasbourg dans une série en cinq matches. La grande satisfaction vint de la relève puisque le HCAS fut sacré champion de France des U18. La capitale picarde demeurait donc de toute évidence une véritable ville de hockey.

Aujourd’hui, sans que la situation ne soit parfaite (rappelons que le club dut attendre la troisième réunion de la CNSCG pour officialiser sa validation), les comptes offraient en apparence une situation plus saine, et le recrutement trouvait le juste compromis entre volonté de bâtir une équipe clairement ambitieuse à l’aube de cette nouvelle saison, et obligation de ne pas flamber pour penser à l’avenir. Au moment de préparer ce nouvel exercice, l’entraîneur Heikki Leime se confiait sur le site du club en prônant comme objectif de « faire le boulot pour entretenir la superbe ambiance ». Le nouvel effectif amiénois semblait en mesure de répondre aux attentes du tacticien finlandais.

En effet, Heikki Leime n’était pas du genre à regarder dans le rétroviseur. Pour lui, le passé servait uniquement à grandir chaque année un peu plus et en bon philosophe, le fin tacticien finlandais s’appuyait sur l’expérience pour progresser. Comme lors du dernier recrutement, l’entraîneur et son adjoint opérèrent à nouveau plusieurs changements. Cherchant avant tout des joueurs engagés, volontaires et travailleurs pour qui le jeu défensif serait aussi important que le jeu offensif. Les canadiens Danick Bouchard (Epinal) et François Ouimet (Grenoble), mais aussi le suédois Johan Ohlsson (Morzine), Kevin Dusseau ((Grenoble) ou encore Mathias Arnaud (Dijon puis Suède), devaient logiquement combler le déficit technique qui manquait aux Gothiques et apporter une nouvelle intensité dans le jeu. Le gardien de but slovaque Ramon Sopko, très connu dans la Ligue Magnus puisqu’il avait été dernièrement le goal de Briançon et de Dijon avant de jouer en Pologne, devait servir d’ultime rempart. Mais de là à parler de titres ou d’objectifs, il n’y avait qu’un pas que Heikki Leime ne voulait toujours pas franchir car, fidèle à ses principes, l’entraîneur finlandais cherchait à faire avancer son équipe senior prudemment, match après match, et victoire après victoire si possible.

Le célèbre coach avait raison de rester humble car l’équipe d’Amiens termina sans grand fracas en milieu de tableau du championnat régulier puis fut éliminée dès le premier tour des play-offs par Morzine-Avoriaz. On notera cependant que le renfort canadien des Gothiques, Danick Bouchard, remporta le trophée du meilleur marqueur de la ligue Magnus.

Une fois encore, c’est finalement la relève du club qui donna le plus de satisfaction puisqu’à la fin du mois de février 2014, les Amiénois U22 Elite furent sacrés champions de France à l’issue d’un incroyable suspense grâce à leur victoire en prolongations contre le club de la Haute-Savoie HC 74.

En effet, au match aller, les Gothiques l’avaient emporté 6-2, mais pour le retour c’est le HC74 qui s’imposa à son tour sur le même score de 6-2 ! Une égalité parfaite qui poussa les deux formations en prolongation puis à la séance de tirs aux buts. C’est Rémi Tomas qui offrit le but gagnant aux joueurs de la Somme et par la même occasion le titre.

Au cours du mois de mars 2014, une nouvelle importante fut annoncée dans les médias. En effet, au terme d’une consultation effectuée au sein du Comité Directeur du HCAS, celui-ci décida de ne pas renouveler les contrats des deux entraîneurs finlandais Heikki Leime et Santeri Immonen. Le communiqué officiel précisait : « Un nouveau comité aura lieu au cours duquel seront évoquées les actions correctives qui serviront de base à la préparation de la prochaine saison. En l’absence de coach identifié à cette date, les discussions avec les joueurs se poursuivront pour être ensuite présentées ultérieurement à l’entraîneur qui sera sélectionné et qui constituera son groupe par lui-même. Le HCAS vous informera régulièrement de l’avancement des discussions Dans cette attente, le Comité, par la voix de son président, souhaite remercier l’ensemble des partenaires, bénévoles, abonnés et supporters qui ont su répondre présent à chaque instant. »

Par l’intermédiaire de son compte Twitter, le H.C.A.S. annonça quelques jours plus tard la signature de Barry Smith en qualité d’entraîneur-chef. Ce dernier, âgé de 52 ans et de nationalité américaine, avait une grande expérience du hockey professionnel pour avoir été head coach à plusieurs reprises dans la Ligue américaine et plus récemment aux Pays Bas.

Au cours de son séjour aux Pays Bas, Barry Smith avait également conduit l’équipe nationale au tour qualificatif des Jeux Olympiques en février 2013. Son expérience du hockey professionnel était également confortée par une expérience de cinq années (2003 – 2008) en qualité d’assistant-coach à Vancouver (Canada).

Bref, Barry Smith devait rejoindre les Gothiques dès la fin du mois de juillet mais auparavant, le nouveau coach s’attella à construire son équipe pour la prochaine saison.

Par ailleurs, via un communiqué officiel, le club d’Amiens annonça l’organisation d’un tournoi international, nommé « Napoleon Cup », qui devait se dérouler du vendredi 29 au dimanche 31 août au Coliséum. Cette compétition réunit les Dragons de Rouen (Ligue Magnus, France), les Nottingham Panthers (Elite Anglaise, EIHL, Angleterre), les Patriotes de Trois Rivières (Circuit Universitaire, Canada) et les Gothiques d’Amiens (Ligue Magnus, France).