L’histoire des Gothiques : Episode VII

24 décembre 2014
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EPISODE 7

 

Malheureusement pour son club favori, le deuxième sacre des Gothiques sera suivi pendant un an d’une forte « décompression » de l’équipe fanion de la Somme qui voyait partir avec beaucoup de regret son grand espoir Kévin Hecquefeuille, pur produit amiénois, qui préféra partir tenter sa chance à Grenoble. La rechute des Gothiques sera d’autant plus visible que le championnat de la Ligue Magnus 2004-2005 sera biaisé par l’arrivée massive de joueurs étrangers, en particulier de la star de la NHL Steven Reinprecht qui permit au club de Mulhouse de remporter le titre. On notera que la contre-performance des Gothiques (idem lors du deuxième tour de la Coupe Continentale organisé à Amiens) rejaillira sur toutes les catégories de jeunes du club de Picardie. Du coup, le président Patrick Letellier préféra passer la main à Christophe Laboureau. Quant à l’entraîneur emblématique Antoine Richer, il devint manager général et il laissa également le poste très exposé de coach au célèbre défenseur tricolore Denis Perez qui venait d’annoncer sa retraite en tant que joueur à l’âge de 41 ans.

Avec le renouvellement des cadres, le club d’Amiens modifia aussi très sensiblement son équipe lors de la saison 2005-2006, notamment en défense. Les Gothiques devinrent moins « idéalistes » étant dans l’obligation de suivre le mouvement général des autres clubs. Pour tenter une reconquête, ils recrutèrent donc plusieurs renforts étrangers originaires de Slovaquie, à savoir les défenseurs Janik et Pulscak ainsi que l’attaquant Pazak. Mais si le club de la Somme remonta spectaculairement la pente, au point de se qualifier pour la septième fois de son histoire en série finale du championnat, il le doit aussi en partie au brio de ses joueurs français de base (la plupart vainqueurs deux ans plus tôt), ainsi qu’au nouvel attaquant Loïc Sadoun, arrivé entre-temps de Tours, qui se révéla comme le meilleur buteur français du championnat. Toutefois, lors de la série finale contre Rouen, les Gothiques furent balayés en trois matches secs par les redoutables Dragons normands.

L’année 2006 restera cependant une nouvelle grande date pour le club d’Amiens pour plusieurs raisons. En effet, outre le titre de champion de France remporté par les cadets, la belle patinoire du Coliseum fêta ses dix ans d’existence en totalisant pas moins de 251 matches des Gothiques (en senior) qui ont accueilli environ 620 000 spectateurs. Mais la grande histoire retiendra surtout que c’est dans la ville de la Somme que fut enregistré, le 29 avril 2006, l’acte de naissance officiel de la nouvelle Fédération Française de Hockey sur Glace totalement indépendante. Un baptême qui eut lieu en présence du président de l’IIHF, René Fasel, du ministre des sports de l’époque Jean-François Lamour ainsi que de Luc Tardif qui fut élu par acclamations à la tête de la nouvelle FFHG. Précisons que le président du club d’Amiens en exercice, Christophe Laboureau, ainsi que son prédécesseur, Patrick Letellier, furent élus ensemble au sein du Comité directeur de la nouvelle fédération.

L’événement considérable que constitua la création de la FFHG (qui se produisit dans une salle située juste à proximité du Coliseum), donna une ampleur supplémentaire à l’image de la ville d’Amiens. D’autant qu’elle coïncida avec l’organisation, toujours dans la patinoire de la ville natale de Jules Verne, des Championnats du monde seniors de hockey sur glace Division 1.

Parmi tous ces événements importants de l’année 2006, il faut y ajouter également l’annonce de la fin de carrière du célèbre gardien de but Antoine Mindjimba qui venait pourtant de disputer des play-offs héroïques. Après douze ans de bons et loyaux services, le célèbre numéro 31 (qui fut retiré) tira sa révérence et fut unanimement remercié par ses nombreux supporters qui lui firent savoir, par le biais d’une grande banderole qu’il resterait toujours dans leurs cœurs.  Les fans de hockey amiénois justement créèrent en 2006 un nouveau club de supporters baptisé « Les Gargoyles » en référence à la gargouille de la cathédrale afin d’essayer d’occuper le terrain (Les « Grizzly » avaient disparus quatre ans plus tôt) et de mieux faire entendre leurs voix après avoir admiré la ferveur de leurs homologues de Rouen. Mais sur le plan sportif, une nouvelle page se tourna également pour les Gothiques avec les arrivées simultanées devant la cage du gardien canadien Eric Raymond et du français Henri-Corentin Buysse.

La mue de l’équipe amiénoise s’effectua non sans quelques difficultés. Pour avoir dépassé la masse salariale autorisée et avoir remis son dossier avec près de deux mois de retard, le Hockey Club Amiens Somme fut condamné à 5600 euros d’amende et, surtout, à six points de pénalité au moment où le club de Dijon, d’abord exclu, fut réintégré dans le championnat de la Ligue Magnus. Suite à cet incident, le 15 septembre 2006, Christophe Laboureau préféra jeter l’éponge et son prédécesseur Patrick Letellier reprit la présidence du club. Si ce dernier ne put que faire la moue devant le parcours décevant de son équipe senior tout au long de la saison, il fut toutefois consolé par deux résultats très brillants : un nouveau titre de champion de France obtenu par les juniors amiénois dirigés par Stéphane Berton et le sacre au cours de la même saison de l’équipe cadet amiénoise, dirigée par Olivier Duclos. Un beau coup double chez les jeunes !

La saison 2007-2008 ne sera pas meilleure pour l’équipe fanion des Gothiques qui partit sur la pointe des patins avec une troupe allégée et rajeunie qui fut éliminée rapidement de la Coupe de France comme de la Coupe de la Ligue. Décidément ces deux compétitions ne réussissaient pas aux amiénois ! Le coup de grâce sera donné avec la disparition prématurée du club d’Amiens dès le premier tour des play-offs de la Ligue Magnus face à la modeste équipe du Mont-Blanc. S’en était trop pour un club dont l’objectif annoncé était de regagner le titre d’ici trois ans. Du coup, le club enregistra une perte de 20% des spectateurs sans compter que, dès le 11 décembre, les Gothiques avaient dû faire face au départ prématuré du renfort Thomas Jason Guidarelli qui n’avait pas réussi à s’imposer. Une fois de plus, ce sont les jeunes espoirs du club d’Amiens qui sauveront l’honneur puisque les cadets de Picardie, dirigés par Olivier Duclos, furent sacrés champions de France remportant ainsi leur troisième titre consécutif.

De toute évidence l’époque était celle du retour de « l’enfer du nord » même si l’ancienne patinoire avait disparu depuis belle lurette. En effet, dans un premier temps l’entraîneur Denis Perez quitta son poste non sans amertume ce qui provoqua quelques soubresauts violents en coulisses. L’ancien défenseur international engagea une procédure juridique à l’encontre du HCAS portant non seulement sur la fin de son contrat, mais également sur les huit années passée au club. Du coup, le président Thomas Henno fit savoir que le maillot de Denis Perez ne serait plus élevé durant toute la durée du litige en précisant néanmoins que le numéro 64 ne serait plus porté par un joueur de l’équipe des Gothiques d’Amiens…

Après quelques semaines d’hésitation les dirigeants du club d’Amiens demandèrent à Antoine Richer de sortir de son bureau de manager général pour reprendre les commandes de l’équipe. Ce fut donc un retour aux sources faute d’avoir pu trouver un coach à l’extérieur du club malgré des « touches » avec plusieurs prétendants possibles comme Rodolphe Garnier, Stéphane Berton, Olivier Duclos ou André Peloffy. Si l’ex-capitaine de l’équipe de France accepta de s’occuper à nouveau des destinées de son équipe d’origine, ce fut finalement plus pour rendre service que par réelle envie même si Antoine Richer préférait le terrain plutôt que l’administratif. C’est également avec l’objectif de donner un coup de main à son club que Thomas Henno accepta de remplacer Patrick Letellier à la présidence des Gothiques alors que Laurent Gras quittait le club de Picardie après un long bail de dix saisons. Autre changement, les joueurs de l’équipe amiénoise portèrent désormais un maillot toujours flanqué du logo de la Caisse d’Epargne, mais dans une teinte dégradée du rouge au rose et ils se déplacèrent dans un nouveau bus à leurs couleurs…

Mais il y avait plus sérieux que ces modifications cosmétiques, c’était le style de jeu des Gothiques qui se trouvèrent une nouvelle « marque de fabrique » en proposant un jeu beaucoup plus rude et plus physique. Résultat, Amiens termina la saison 2008-2009 avec le titre peu enviable de l’équipe la plus pénalisée et elle sera victime pendant le championnat d’une véritable hécatombe puisque cinq joueurs seulement seront épargnés par des blessures en tout genre !