L’histoire des Gothiques : Episode VIII

31 décembre 2014
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EPISODE 8

A cause de son effectif réduit, le HCAS sera éliminé en quarts de finales par Angers malgré une résistance héroïque des Gothiques qui obligeront les Ducs d’Anjou à disputer cinq matches. Encore une fois, la satisfaction viendra des jeunes du club de la Somme puisque l’équipe minime sera sacrée championne de France tandis que les cadets ne seront battus que par ceux du Mont-Blanc en finale.

Avant le coup d’envoi du championnat 2009-2010, le club d’Amiens modifia pour la septième fois de son existence son logo qui se déclinait à présent avec uniquement une grosse lettre G (pour les Gothiques) dans laquelle apparaissait la tête d’une gargouille avec un sourire machiavélique et agrippant un casque avec ses pattes crochues.

Les Amiénois allaient-ils faire aussi peur à leurs adversaires en partant avec un effectif assez proche de la saison passée ? Après avoir réussi à mettre fin à une série de trois ans sans victoire face à Rouen (4-3) les Gothiques enchaîneront également dix victoires sur les douze derniers matches de la saison régulière. Mais ils auront la malchance de tomber face à Grenoble au stade des quarts de finales. Or, les Brûleurs de Loups de l’Isère allaient marquer l’histoire du hockey français cette saison là en réalisant le grand chelem, c’est-à-dire en raflant tous les trophées possibles ! (Coupe de la Ligue, Coupe de France, Championnat et match des champions). A noter que le club d’Amiens disputa son 1000e match au sein de l’élite du hockey sur glace français lors du premier duel contre l’irrésistible formation de Grenoble. A cette occasion une remise de maillots fut organisée pour fêter cet anniversaire impressionnant en présence de nombreux anciens « Renards » ou « Ecureuils » d’Amiens comme Waroquet, Moitrier, Douilet, Leroux, Caron, Fourdrain, Testu, Petit, Berton, Richer (François), Djelloul, Kalisa, Moyon, De Heripon, Pousse, Duclos ou encore Lecomte sans oublier Henderson.

Comme c’était devenu décidément une bonne habitude, à la fin de cette saison, ce fut à nouveau une équipe de jeunes amiénois, en l’occurrence celle des minimes, qui sera sacrée championne de France tandis que les cadets auront moins de chance en s’inclinant en finale contre leurs homologues de Grenoble.

Lors de cette année 2010, le club d’Amiens entrera également indirectement dans la postérité puisque Antoine Richer, son plus célèbre représentant, fut élu de son vivant dans le temple de la renommée du hockey sur glace français. Il faut noter qu’en 1995, la Fédération française des sports de glace avait déjà récompensé Antoine Richer en lui décernant à l’époque sa plus haute distinction, l’Oscar de la glace. Il fut alors le septième joueur de hockey sur glace à être ainsi honoré, le précédent (Jean Vassieux) l’ayant reçu seize ans plus tôt.

Mais l’incroyable suspense qui allait clôturer la saison suivante du club d’Amiens (2010-2011) restera aussi certainement dans toutes les mémoires. En effet, lors du troisième et dernier match des demi-finales de la Ligue Magnus, qui opposa Amiens et Rouen, les spectateurs du Coliseum assistèrent à un duel absolument époustouflant qui s’acheva sur la victoire à l’arraché des Dragons normands sur le score hallucinant de 9-8 après une insoutenable séance des tirs au but !

Il faut noter que lors de ce duel décisif et inoubliable les dirigeants du club avaient décidé de chauffer à blanc le Coliseum. Dans ce but, ils firent appel à Freddy Briet, un ancien supporter acharné de football (il descendait tous les quinze jours à Marseille pour soutenir l’OM !), afin que ce dernier mette l’ambiance dans la patinoire avec ses amis. L’expérience fut si concluante que Freddy Briet reçut la bénédiction des dirigeants picards pour créer un nouveau club des supporters surnommé « les Amiens Fans ». Ces derniers succédèrent donc aux deux clubs précédents, « Les Gargoyles » et « Les Démons » qui eurent une existence éphémère.

A défaut d’avoir pu empêcher Rouen d’aller encore une fois en finale (et de remporter son onzième titre face à Strasbourg), le club d’Amiens obtint quand même deux titres individuels très flatteurs avec l’élection de son renfort canadien Billy Thompson, comme meilleur gardien du championnat, et celle de son attaquant international Kévin Hecquefeuille (de retour au bercail après cinq ans d’absence) comme meilleur joueur français. Pour perpétuer une tradition désormais bien ancrée, les minimes amiénois, dirigés par Guillaume Mennessier, furent sacrés une fois de plus champions de France tandis que les cadets (Elite B) dirigés par Olivier Duclos, firent la même chose.

Dans le tout premier livre consacré au club de hockey d’Amiens qui parut à la fin de l’été 2011, grâce à l’heureuse initiative de Sylvain Cresson, le coach des cadets Olivier Duclos confiera fort justement : « Le club d’Amiens fait désormais partie des trois grands clubs de hockey en France avec Rouen et Grenoble au niveau des infrastructures, du fonctionnement et de la volonté d’obtenir des résultats dans toutes les catégories. » L’ancien gardien de but Frédéric Malettroit ajouta : « Amiens est une ville qui transpire le hockey. Ce sport y est plus populaire que le football. Le club de Picardie peut se vanter d’être resté dans l’élite du hockey sur glace depuis plus de trente ans. »

Le HCAS pouvait aussi se vanter d’être un club formateur de premier plan puisqu’au mois de septembre 2011, un autre enfant du pays, Kévin Hecquefeuille, put partir à nouveau monnayer son talent à l’étranger, en Suisse cette fois. Les deux nouveaux clubs de supporters qui venaient de se créer dans l’enceinte du Coliseum, les « Démons » et les « Amiens Fans », espéraient bien vivre à nouveau des émotions fortes. C’est justement parce que l’équipe picarde, après un début de saison catastrophique, ne parvenait plus à faire vibrer les spectateurs du Coliseum qu’au début du mois de novembre 2011 un coup de théâtre se produisit. En effet, non seulement on assista au départ prématuré du renfort américain Kyle Sibley, mais surtout, Antoine Richer fut démis de ses fonctions d’entraîneur des Gothiques. Ce dernier restait cependant à la tête du club, son contrat de coach n’étant qu’un avenant à son CDI de manager. L’ancien capitaine tricolore fut remplacé par l’ancien entraîneur national Heikki Leime qui venait de tenter sans trop de succès sa chance avec le club finlandais du TPS Turku.

Restait à savoir si le nouveau coach amiénois aurait les mains libres pour diriger l’équipe élite ou si, en tant que manager, Antoine Richer aurait encore une certaine mainmise sur la vitrine du club. Tout en ménageant son cadre historique, le président Thomas Henno se montra catégorique en expliquant qu’une page venait bel et bien de se tourner : « Il y aura une déconnection hiérarchique entre Antoine et Heikki. Antoine chapeautera le club mais n’interviendra pas dans le recrutement ni le pilotage de l’équipe élite.» La déclaration du président avait le mérite d’être claire.

Le pilotage effectué désormais par le coach finlandais fut plus qu’honorable puisqu’après un début de saison mouvementé et chaotique, les Gothiques, classés seulement huitièmes du championnat régulier, réussirent la performance à éliminer Strasbourg lors du premier tour des play-offs et de se hisser jusqu’en quarts de finale de la Ligue Magnus. L’emblématique capitaine Vincent Bachet et ses coéquipiers s’inclinèrent avec les honneurs face aux redoutables Dragons de Rouen, futurs champions. En effet, la jeune formation picarde, avec six titulaires de 18 à 22 ans, tint la dragée haute aux Rouennais et les obligèrent à disputer la totalité des cinq matches de la série.