Le derby des plaines gagné par de fringants Gothiques!

14 décembre 2015
MG_1875-150925-BRIANCON-LM

Chaque début de saison, la date des matches aller et retour, Amiens/Rouen, est toujours soulignée, par les supporters et les joueurs des 2 camps. Pas besoin de motiver les hockeyeurs, car, comme le répète, Fabrice Lhenry, le coach des Dragons. : « un derby, ne se joue pas, ça se gagne !».
Côté Gothique, ce derby des plaines reste le « classico », et, même si l’armada normande reste généralement impressionnante, l’envie et la détermination des amiénois, amplifiées par « le meilleur public de France », sont toujours à l’ordre du jour. Dans le championnat actuel, les performances récentes ; en dents de scie, (2 défaites en 48 heures , contre Brest, dans le temps règlementaire, et Strasbourg, en prolongations), suscitaient quelques réserves chez certains fans. Même, si Coach Barry, n’était pas trop inquiet quant à la forme de ses troupes. Selon lui, les défaites n’avaient rien à voir avec une non application des consignes, au système de jeu ou à une quelconque indiscipline , ni une méforme physique. « Tous avaient pourtant plutôt bien joué ». Dans les 2 cas ; la « faute » en revenant à la bonne prestation des gardiens adverses  et à une incapacité à transformer les tirs en but. Pourtant, certains joueurs, dont l’ami Gregory Béron, concédaient qu’ils avaient, pour le moins, fait preuve de suffisance contre les Albatros.
Légèrement habités par le doute, quant aux capacités actuelles de leurs hockeyeurs préférés à endiguer la toujours prolifique attaque rouennaise , mais toujours inconditionnels supporters des Gothiques, les spectateurs étaient venus en nombre, (3049 exactement). Ils n’ont pas boudé ni leurs encouragements ni leur plaisir à la lecture finale du tableau d’affichage : 8 à 6 !
Dans un match, où le trio arbitral, (Jimmy Bergamelli, assisté de MM.David Courgeon et Clément Goncalves) , a parfaitement maîtrisé la situation, n’intervenant pour sanctionner que 6 fois ; 3 fois dans chaque camp. Une relative pénurie de prison  qui ne signifie nullement que les débats ont été monotones. Nous avons vécu une rencontre palpitante et toujours incertaine ; les 2 équipes se rendant but pour but.

Premier tiers : avantage Gothiques: 3 buts à 1

Les Dragons , (en supériorité numérique, ), furent les premiers à trouver la faille par Olivier Labelle. (0 -1 ; 5’04’’. Les Gothiques ne relâchant pas leur pressing, ne tardent pas à récolter le fruit de leurs efforts lorsque Shane Luke, assisté de Paul Crowder et de « Boubou», égalise. (1 – 1 ; 8′ 19 »). Également désireux de ne rien lâcher, Rouen réplique, une minute plus tard, par Yorik Treille (1 – 2 ; 9’37’’).
A quelques secondes du quart d’heure de jeu, les gothiques creusent momentanément l’écart ; d’abord par Romain Carpentier qui parachève un continuel travail de sape de la 4ème ligne (2 -2 ;14’ 15 ‘’, assistance Marius Serer & Rémi Thomas) .43 secondes plus tard, le Coliséum, à peine rassis, exulte , à nouveau lorsque Mitch Fillman, « troue » littéralement Dany Sabourin (3 – 2 ; 14’38’’) !

Hautes les crosses gothiques pour le 2ème tiers : 6 à 3 !!!

Désireux d’accentuer leur avantage, dès l’entame du second tiers, les Gothiques se lancent à l’abordage de la cage rouennaise, mais, après plus de 3 minutes, ils se font contrer par le trio Marc André Thinel, Aurélien Daurey et Loïc Lamperier, le dernier nommé inscrivant momentanément le 3ème but égalisateur (3-3 ; 23’36’’). Amiens ne relâche pas sa pression, toujours soutenu par un bruyant public,  lui aussi en habits  de gala, qui n’a pas traîné pour se mettre au diapason des joueurs, les gothiques inscrivent 3 nouveaux buts , en 4 minutes(dont deux en moins de 60 secondes !) .  (Remi Thomas, assisté de Marius Serer et de Zbynek Hrdel, -apparemment bien remis de sa blessure – est le premier artificier de ce triplé gothique ; (4 -3 ; 31’39’’). Puis, comme lors du premier tiers, les rouennais vont, à nouveau lâcher prise pendant la 15ème minute du second tiers ; une baisse de régime immédiatement exploitée par Tim Crowder, qui lui aussi, semble avoir récupéré l’intégrité de ses qualités de sniper patenté : 5 – 3 ; 35’09’’ assistances de Romain Bault & Joël Champagne. Une quarantaine de secondes plus tard, l’autre Crowder, Paul, le frère de Tim, trouve l’ouverture, (6 – 3 ; 35’52’’ !) dans une ambiance que je vous laisse imaginer.

Un 3ème tiers « hitchcockien » ; cardiaques s’abstenir !

A l’entame du 3ème tiers, chacun retient son souffle, (sans pour autant ménager ses cordes vocales), car il faut toujours se méfier d’un dragon blessé !
Ainsi, en moins de 5 minutes, les rouennais réduisent le score par Damien Raux , assisté d’Olivier Labelle et de Nicolas Arrossamena (4 – 6 ; 4 4:55).. Heureusement, Marius Serer, avec la complicité de « Boubou » et de Mitch Fillman, maintient à nouveau les rouennais , à distance respectable en inscrivant un 7ème but bienvenu (7-4 ; 48’37’’).
Pendant 9 minutes, les Gothiques courbent l’échine dans leur zone défensive en protégeant Mitch Okeefe, touché à la hanche, qui tient à rester sur la glace. Ils plient, mais ne rompent pas, même s’ils finissent par céder , à 2 reprises , permettant aux normands de revenir à un but. Buts de Olivier Dame-Malka, assisté de Dan Koudys et de Leo Guillemain (57:45) et de Francois-Pierre Guenette (en supériorité numérique), en exploitant une passe de Yorick Treille (7 – 6 ; 58’ 40’’).
Résumons, à 1’ 20’’ de la sirène, les Gothiques ne mènent plus que d’un seul petit but face à une des meilleures équipes, de la Ligue Magnus. De quoi faire passer quelques frissons sur le public du Coliséum !
Décidé à jouer son va tout, le coach normand sort alors son gardien de but  pour augmenter ses possibilités offensives et profiter à fond de la réaction d’orgueil de ses troupes. Mais, à 7 secondes de la fin, Captain Joël Champagne, en capitaine toujours exemplaire, tue ce suspens digne d’Alfred Hitchcock. Effaçant ainsi le revers qu’il considérait  « inacceptable », concédé, en prolongations, la veille contre Strasbourg. Il paraphait ainsi , de la meilleure des façons,  le superbe match réalisé par tout son groupe, avec  un ultime but en cage vide, qui libérait les inextinguibles chœurs amiénois qui ont  ensuite joyeusement égrené les 7 dernières secondes .
Bravo et merci , à tous les acteurs de cette belle soirée, les 2 équipes le public, sans oublier la discrète efficacité des arbitres qui, tous, ont  participé à ce superbe match !

Jicehel

Photos Marie Brunel